Poèmes

Posted on 30th Červenec 2009 in Français

 

La vitre est notre amie, sait la chancelante.

Au ciel bleu, des papillons dont la barbe rajeunit.

Une interminable grenouille verte et un seau pour passer la

nuit.

Les axolotls retournent leur oreiller

parce que l’autre côté est plus froid

- c’est la définition du vert.

Les mouches retournent leur oreiller

parce que son envers est couvert de salive

- c’est la définition du bleu.

La soupe faite

de la prospection des poches du saïmiri

et du plumage des gros perroquets,

parce que je ne comprends pas les bêtes dans mes rêves

- c’est la définition de la tristesse.

 

o

 

Les ruines aiment des lieux silencieux.

Des raisins sèchent au dos de la jeune fille.

o

Sourire du charbon.

Averse de machettes.

Sourire du coke.

Averse de machettes.

Sourire des briquettes.

Averse de machettes.

La fille est morte ce matin.

o

Pierres enrobées de paille,

pierres lavées par la paille déferlante.

L’aigle de mer a

le berceau pour ses enfants dans mon oreille.

o

Une soudaine accélération de la tonalité, au téléphone,

est la jaune tulipe du cancer.

Oh, ayant tourné l’oreiller vers

les mouettes jasant sur la régate,

j’aperçus ta face bleue.

o

Oui, des nuages impossibles à remorquer

De ma paume, ce poêlon, à l’aide

d’ailes ocres s’envole un gobelet de la machine à café

o

En voiture, une femme arrive au parking.

Au même instant, dans une autre voiture

arrive au parking

cette même femme.

o

Les enfants de brosses à chaussures sont les seuls

à comprendre la tristesse des blagues de gare.

o

Un soleil dément sépare la couleur chocolat

de la musique croissant jusqu’au dernier étage.

La décharge des voitures s’est agrandie :

les épaves propagent leur cancer

jusqu’aux criquets du quatrième.

Un solo taraudant.

o

Les femmes, là-bas, sont sept,

mais les palissades -

dont la quatrième était la plus belle -

ne sont que trois.

o

Du haut de ta tour blanche tu appelles l’herbe par les noms

que profère le piano carnivore.

Sueur à la racine du nez.

Un blanc émietté par un soleil salé.

Tout le monde.

Le cycle comme une pluie sèche descend

vers les parents et leurs enfants

en une grise imitation de vent, apportant une aide.

Ceci est un chant d’amour.

o

Des mots aveugles

marchent dans mes eaux.

Mais avancer le pied droit,

c’est un cachalot.

o

Le soleil descend,

l’homme monte -

sa Haute Excellence sur le toit.

o

Un fauteuil peu vigilant

- la libellule

a pêché un poisson

o

Le dos

derrière ta forêt.

Singularité d’une grenouille.

o

Oies, et autres ruminants.

Sur un chemin de campagne

une charrette funéraire.

o

On délire – les iris, moi…

Dans la baignoire

l’os pelvien d’un dinosaure.

o

Tu a évoqué une plumette :

elle flotte là-bas.

Les marsupiaux deviennent mares.

o

Dans la ville au bout de la ville

où un colonel anglais ne fait rien, jette seulement une ombre,

là moi, bien qu’ayant quitté l’Avignonie,

comme un arbre géant tombé dans un précipice,

comme un cartographe descendant des joueurs de sous le panier,

j’ai appris que le pourcentage des palmipèdes

paraît baisser avant l’heure.

Partager au moins un fragment de tes doigts !

De jour, la fenêtre sent la tempête,

des chaussures coulent rouges derrière la maison ;

la nuit, la machine à écrire, de ses lèvres habillées, cogne à

la vitre,

mais je ne réponds point,

car je ne saurais voir, en si peu de nuances, ce qui ne

pourrit pas en moi,

car la louve de glace doucement doucement pleure

dans les confitures articulées

- trop tard l’osseux sauvage

lui appporte une vieille poussière,

un délire amer ravage ma face,

frappe mes galaxies.

JE NE SAIS PAS !

o

A minuit, la lumière que tu fais pleurer :

parce que je n’ai pas osé toucher le soutien-gorge ?

Parce que les pithécanthropes se soûlaient ?

o

Sans doute parles-tu toujours en cristaux,

mais pour Giotto dans un millier d’années,

quand les fleurs retrouveront leurs couleurs naturelles.

o

Comme j’aimerais savoir

ce que pensent les oiseaux

de nos visions de dinosauroïdes !,

surtout quand, la nuit, se réveille sur le mur

l’oiseau de métal avec qui

avant de se jeter sous un train, s’entretenait

mon oncle, muni de lunettes proches

de celles que portait Peter Sellers.

o

Para Lydia Tennant

La barque à trois pommes derrière les colonnes d’Héraclite,

pas aussi majestueuse peut-être que la lettre G

mais plus tendre, et sans doute plus bleue

te dit justement par son soleil :

« Même la pluie est une voie. »

o

Un cortège nuptial s’appuie sur la route.

La grenouille, moins affamée que le lit,

raconte à l’hémorroïde horizontal – ce clown -

quel bonheur réside

dans les griffures du chat.

Et le sourire de la mariée le confirme.

o

Dans le trolleybus

petits cubes jaune foncé de la mort,

petits cubes bleus de la mort.

La baguette d’une terrasse de café.
Deux tournants jusqu’à ta maison :

entre eux, l’infini.

o

Des joueuses en maillot bleu.

Chacune a un Visage, des aliments et des vêtements, des

doutes.

Je vieillis : la tristesse ne m’étonne plus.

o

Un bateau s’approche sur l’e
au,

un autre, en italique.

Devine lequel je vais choisir.

Herbe sèche de faux.

Direction dans laquelle sans tes pas la rivière s’assombrit.

o

Un stylo bille après l’autre s’asseyent dans l’herbe rouge.

La différence des sensations ne change pas une couleur du

ciel multicolore.

Oeil – bientôt au pluriel – et cheveux longs :

souriant l’un à l’autre, pleins d’amour, par-dessus la table.

o

La vieille descend l’escalier

Elle rajeunit à chaque pas

jusqu’à se fondre dans le sol à carreaux

o

Choses chues çà et là.

Le vide est toujours plein de quelque chose.

o

Un matin.

Douze matins.

Douze matins glacés.

Becs. Becs. Becs.

Un jaune non asservi porte des oeufs dans un panier,

poireaux, salade, ciboulette, choux frisé,

porcelet, grives (j’ignore ce que c’est), lièvre.

Sous le plafond se balancent des couronnes de sonnets.

Le gué enlace de jeunes filles.

Tu entreras maintes fois dans douze matins glacés.

o

Le son d’un mur en brique

est un blaireau.

Le son du blaireau

est un brossage de dents.

Combien me manquent mes trois zèbres…

o

A Burundi, les horloges marchent chacune vers un autre but.

L’heure-homme s’est trouvé une jeune fille banane,

l’heure-femme, un vannier batiké en rouge.

Oui,

ces mots décrivent aussi

douze statues en béton de Caracciola dans une rue pleine ou

vide.

Quand tu prendras un marteau pour faire une promenade en bus,

à Burundi un instant s’arrêteront les guépards.

Et les horloges -

o

Un nuage nommé Porc suédois.

Une goutte de la première pluie du printemps

dans mon oreille gauche.

o

 

 

Traductions (c) de Petr Král

 

 

comments: 10 »

10 Responses to “Poèmes”

  1. čagi napsal:

    J´ai bien aimé ces poemes en tcheque, mais grace a cette forme je vais essayer les apprendre par coeur.

  2. Gomba napsal:

    … no … moc jsem si dnes nepočetl ,-) …

  3. Henry Psanec napsal:

    [1] Merci beaucoup. Podotýkám ovšem, že francouzsky umím jen pár slov, takže mi laskavě vypomohla Petisee, abych mohl odpovědět. Díky. Ale pozor, c’est la définition de la tristesse.

  4. Henry Psanec napsal:

    [2] Promiň, Gombo. Platí ale nabídka zaslání bilingvy.

  5. petisee napsal:

    Básně jsem nikdy ve francouzštině nečetla. Až teď..a zníš krásně! :) Jestli chceš, tak Ti Tě někdy francouzsky přečtu. :))

  6. Henry Psanec napsal:

    Děkuju krásně. Jsem zvědav, zda budu ve franštině znít jako surrealista…

  7. lojzo napsal:

    Ž n komprom pa, me se tre bon! ;-)

  8. Henry Psanec napsal:

    [7] O žlutý kompromis se ti třou kosti?

  9. lojzo napsal:

    Ui, mesjé! :-)

  10. Henry Psanec napsal:

    Až se potkáme nad korbáčiky a budeme si vyprávět jak krásnými jazyky mluvíme, budeme tréžolit a šarmánkovat (ovšem v pozitivním smyslu), jo?

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